Quand on m'a demandé d'écrire cet article, ma première réaction a été : « Moi ? Je ne suis pas écrivain. Pourquoi me demander à moi ? » Pendant quelques minutes, je suis simplement restée devant mon écran à me demander : « Que vais-je leur dire ? »
Après quelques respirations profondes, j'ai reconnu cette petite voix négative familière.
Le syndrome de l’imposteur.
Après tout, je suis responsable marketing chez Condé Nast et coach certifiée en développement personnel et professionnel. J’ai tellement d’outils précieux et d’idées à partager, alors pourquoi ne serais-je pas qualifiée ? Avant d'appuyer sur envoyer, j'ai récité le mantra que je me suis créé pour ces moments-là : j’ai dit « Je suis digne » trois fois.
Me voici donc prête à vous enseigner un cadre en quatre étapes pour surmonter plus rapidement les pensées d’imposteur. À la fin de cet article, vous aurez les outils nécessaires pour développer votre conscience de soi et reprogrammer vos pensées négatives, ainsi que plusieurs exercices concrets pour renforcer votre confiance en vous.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?
Le syndrome de l’imposteur est le sentiment de doute intellectuel et l’impression d’être un imposteur. De nombreuses personnes ambitieuses traversent des moments où elles se demandent si elles méritent vraiment le poste, l’opportunité ou le projet auquel elles participent.
La psychologue sociale et professeure à la Harvard Business School, Dr. Amy Cuddy, définit le syndrome de l’imposteur comme « un ensemble de sentiments d’insuffisance qui persistent malgré des réussites évidentes. » Selon ses recherches, jusqu’à 80 % des gens se sentent imposteurs à un moment de leur vie.
À quoi ressemble le syndrome de l’imposteur ?
Pour faire simple, le syndrome de l’imposteur vous donne le sentiment d’être un imposteur — il fait naître des doutes sur soi et peut provoquer de l’anxiété.
On éprouve le syndrome de l’imposteur lorsque l’on laisse ses pensées négatives nous convaincre que nous ne sommes pas assez bons. Que nous ne devrions pas, et que nous ne sommes pas dignes de commencer ce qui se présente devant nous à ce moment-là. Je suis ici pour vous rappeler que ces pensées ne sont pas des faits !
Parfois, il est difficile de reconnaître ce que l’on ressent avec le syndrome de l’imposteur. Voici quelques exemples courants de situations où il peut être déclenché, avec les pensées négatives qui peuvent vous traverser l’esprit :
La compétence clé pour dépasser le syndrome de l’imposteur
Au début de ma carrière, je faisais totalement partie des 80 % qui ressentaient régulièrement des pensées d’imposteur. Cela m’a empêchée de poursuivre ce que je savais (au fond) que je pouvais faire et méritais. Je ne me proposais jamais pour de nouveaux projets, je me comparais aux autres ayant des rôles similaires, et je ne me défendais pas moi-même.
Après beaucoup d’introspection (et honnêtement, de nombreux échecs), j’ai compris qu’il existe une pratique unique qui, si elle est bien appliquée et régulièrement, peut vraiment vous aider à dépasser le syndrome de l’imposteur. Cette compétence, selon moi, est le secret pour le surmonter plus rapidement.
Cette pratique, c’est de reprogrammer ses pensées.

Je ne vais pas vous dire que c’est facile. Reconnaître ses schémas de pensée et ses déclencheurs prend du temps, une profonde réflexion et beaucoup de bienveillance envers soi-même. Cependant, une fois ce travail fait pour mieux se connaître et comprendre ses doutes, vous êtes prêt·e à relever les défis avec davantage de résilience.
Voici deux questions conçues pour vous aider à cultiver la conscience de soi et défier les pensées négatives. Cette conscience de soi est un préalable essentiel pour dépasser le syndrome de l’imposteur.
- Qu’est-ce qui déclenche mes sentiments de doute ou d’insuffisance ?
Identifiez les situations, tâches ou interactions précises qui déclenchent chez vous le sentiment d’être un imposteur. Pouvez-vous repérer des schémas récurrents ? Y a-t-il des personnes qui reviennent souvent (ex : un responsable, certains amis, certains réseaux) ?
- Comment est-ce que je me parle dans ces moments de doute ?
Notre dialogue intérieur façonne nos pensées et nos ressentis. Une fois ce dialogue reconnu, nous pouvons commencer à remettre en cause et à transformer ces pensées.
Le cadre 'récupération' en 4 étapes

Maintenant que vous comprenez d’où proviennent vos pensées négatives, explorons comment vous pouvez sortir d’idées d’imposture à l’instant présent. Voici mon cadre simple en 4 étapes :
Étape 1 : Repérez l’histoire
Devenez conscient de la raison pour laquelle vous avez ces pensées précises à ce moment précis. Quelque chose a-t-il réveillé une ancienne blessure ? Ou une croyance limitante ? Par exemple, lorsque l’on m’a demandé d’écrire ce texte, la vieille croyance limitante qui a émergé était : « Je ne suis pas assez bien. »
Étape 2 : Faites trois grandes inspirations
Je sais que ça a l’air banal, mais respirer vous aide réellement à revenir à l’instant présent. C’est l’une des techniques de pleine conscience les plus courantes—et pourtant, on oublie souvent de s’en servir—qui nous permet de nous ancrer.
Après avoir repéré la croyance limitante, ramenez-vous dans l’instant en prenant trois grandes inspirations. Pour une efficacité maximale, conditionnez-vous (c’est-à-dire créez une nouvelle habitude !) à passer en revue vos compétences et points forts durant cet exercice de respiration.

Étape 3 : Créez et répétez une affirmation positive
Je sais que ça peut paraître « ésotérique », mais réciter une phrase qui vous est authentique, qui vous rappelle vos qualités, est extrêmement puissant. Il est important de prendre le temps de réfléchir à une affirmation qui vous parle vraiment. Voici quelques exemples d’affirmations positives :
« Je suis intelligent(e). »
« Je suis capable. »
« Je suis créatif(ve). »
« Je suis un(e) leader. »
Ensuite, une fois que vous avez trouvé une affirmation qui saura briser vos pensées d’imposteur, répétez-la pour vous-même.
L’affirmation qui me touche le plus et qui me ramène à moi : « Je suis digne. »
Étape 4 : Faites UNE petite action
Les gens sous-estiment la puissance d’une simple petite action. Passer à l’action vous sort du cercle vicieux des pensées négatives et vous aide à bâtir votre courage, pas à pas. Mais il faut poser cette première action. Quelques exemples de « premières étapes » :
- Dire oui à l’opportunité.
- Faire une recherche Google sur le sujet qui vous insécurise. Apprivoisez-le. Commencez à apprendre.
- Prendre rendez-vous avec votre responsable pour discuter d’un nouveau projet. Faites-le maintenant ! Vous réfléchirez aux questions plus tard.
- Écrivez 1 à 3 phrases pour ce nouveau projet ou pitch. Complétez-le plus tard. Commencez !
Vous remarquerez qu’après une première petite action, vous aurez plus de courage pour une nouvelle petite action, puis une autre, et encore une autre.
Ma petite étape a été de répondre « oui, je vais le faire » à l’email. Je me suis dit que j’allais réfléchir au plan dans les prochains jours. Pour l’instant, je devais JUSTE dire oui.
Comment développer la confiance en soi
Une autre façon très concrète de surmonter plus rapidement le syndrome de l’imposteur est de développer sa confiance en soi. Lorsque vous avez confiance en vous et en vos capacités, vous êtes plus enclin à prendre des risques et sortir de votre zone de confort.
Je partage une ressource téléchargeable un peu plus bas dans cet article, mais pour l’instant voici mes conseils et exercices les plus efficaces pour renforcer la confiance en soi :
1. Découvrez vos points forts
À quelle fréquence réfléchissez-vous à vos qualités ? Quand j’ai découvert la définition du mot confiance dans le dictionnaire, elle m’a frappée par son aspect concret : « La confiance est un sentiment d’assurance qui naît de l’appréciation de ses propres capacités ou qualités. »
- Essayez ceci : notez 5 capacités (ex. : leadership, visualisation de données, SEO) et qualités (ex. : empathique, communicatif, efficace) dont vous êtes fier(e). Quand vous prenez conscience de vos forces, vous pouvez mieux les utiliser au travail comme ailleurs !
2. Créez une liste de réalisations
Notez toutes vos réalisations à un endroit très accessible (je recommande la section « notes » de votre téléphone). Incluez tout—des grandes comme des petites—sans rien omettre. Par exemple, tout lancement stratégique, peurs surmontées ou récompenses reçues. Dès que vous ressentez l’apparition du syndrome de l’imposteur, relisez cette liste. Rappelez-vous à quel point vous êtes génial(e).
3. Définissez ce que signifie le succès pour vous
Cessez de vous comparer aux autres. La comparaison peut grandement alimenter le syndrome de l’imposteur. On a tendance à se comparer aux autres quand on manque de clarté sur ce qui compte vraiment pour nous. Si nous ne définissons pas notre propre définition du succès, nous finirons par adopter celle de quelqu’un d’autre. Pour éviter cela, prenez le temps de définir ce que le succès et le bonheur signifient pour vous dans ces domaines :
- Professionnellement (objectifs de carrière, objectifs financiers)
- Physiquement (sommeil, alimentation, exercice)
- Émotionnellement (santé mentale, pleine conscience, développement personnel)
- Intellectuellement (développement de l’intellect et/ou des compétences)
- Relationnellement (objectifs de relations amoureuses, amicales et/ou familiales)
4. Construisez une marque personnelle forte
Une marque personnelle, c’est votre réputation unique. C’est qui vous êtes, ce que vous faites, et ce que vous représentez. Je suis convaincue que la manière la plus efficace de renforcer durablement sa confiance et son estime de soi passe par la construction d’une marque personnelle solide. Voici deux de mes ressources gratuites que je suis ravie de partager avec vous :
- Cahier d’exercices de marque personnelle – Dans ce cahier, vous apprendrez à découvrir vos compétences, définir votre vision de marque, façonner votre histoire et votre argumentaire éclair, et à mettre en valeur votre marque !
- Quiz sur la personnalité au travail : Découvrez des stratégies adaptées à votre type de personnalité grâce à ce quiz rapide de 2 minutes. En plus, recevez gratuitement un guide personnalisé de 6 pages pour exploiter vos forces, surmonter vos faiblesses, communiquer efficacement et fixer des objectifs significatifs.
Mais au fait, le syndrome de l’imposteur peut-il être une bonne chose ?
J’ai attendu la fin de cet article pour le dire, mais je suis en réalité une grande adepte du syndrome de l’imposteur ! Laissez-moi vous expliquer.
Si vous ressentez des pensées d’imposture, cela signifie probablement que vous faites quelque chose de nouveau. Et si vous faites quelque chose de nouveau, c’est que vous sortez de votre zone de confort. Et c’est une BONNE chose ! Sortir de sa zone de confort signale une progression.
Si vous vous trouvez dans cette position, c’est qu’au moins une personne estime que vous devriez y être. Alors pourquoi penser que vous n’en êtes pas digne ? Les autres voient du potentiel en vous ; il est temps de voir ce potentiel vous-même.
Une autre façon de voir les choses est que vous êtes sur le point d’apprendre une nouvelle compétence (ce qui est aussi très positif). Plutôt que de vous focaliser sur les pensées négatives, concentrez-vous sur le développement de nouvelles compétences et habitudes associées. Concentrez-vous sur votre évolution.
Maîtriser le syndrome de l’imposteur : des outils pour rebondir vite et gagner en confiance authentique
Vous retrouverez les trois premiers exercices que j’ai présentés dans la section Comment gagner en confiance, ainsi que le cadre de récupération en 4 étapes, dans ce PDF gratuit à télécharger.
Grâce à ces outils, vous pouvez développer votre conscience de soi, reformuler vos pensées, surmonter plus rapidement le syndrome de l’imposteur et bâtir une confiance authentique. Ce travail d’introspection demande des efforts, mais c’est l’un des investissements les plus puissants que vous puissiez faire pour votre carrière et votre vie—je vous le garantis !
Pour ma part, je suis fière de cet article et reconnaissante d’avoir pu partager mes outils préférés avec vous. Rédiger cet article a été une expérience nouvelle et passionnante, et je suis ravie d’avoir eu l’opportunité d’apprendre une nouvelle compétence.
Même si vous et moi pourrions encore faire face au syndrome de l’imposteur à l’avenir, les stratégies abordées ici vous aideront à mieux le gérer. Voici quelques points essentiels à retenir :
- Cultivez la conscience de soi : Comprendre vos déclencheurs et reconnaître vos schémas de pensées négatives est essentiel pour surmonter le syndrome de l'imposteur. Apprenez à bien vous connaître. C'est votre super-pouvoir.
- Reformulez vos pensées : Le secret pour se remettre plus rapidement du syndrome de l'imposteur est de reprogrammer vos pensées. Remettez en question les pensées négatives et remplacez-les par des affirmations positives et des croyances valorisantes.
- Développez une confiance authentique : Concentrez-vous sur vos points forts, créez une liste de vos réussites et façonnez une identité personnelle forte afin de bâtir une confiance authentique en vous et en vos compétences.
N'oubliez pas, investir en vous-même est toujours une bonne décision.
Je suis fier(e) de vous. Vous pouvez le faire.
Si vous avez apprécié cet article, faites-le-moi savoir sur LinkedIn ! Je vous recommande également de vous abonner à la newsletter The CMO pour recevoir encore plus de conseils précieux directement dans votre boîte de réception.
